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Jean-Pierre AUBRY répond aux questions sur l’avenir du club

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INTERVIEW DE JEAN-PIERRE AUBRY, PRESIDENT DU PARIS LEVALLOIS
« Il y a aura du basket en 2017 »

Suite à la décision prise le 17 mai 2016 par le Conseil de Paris (sur proposition du groupe Radical de Gauche et indépendants) de ne pas renouveler sa subvention au Paris Levallois la saison prochaine, et suite aussi à l’annonce faite le 7 juin dernier par Solly Azar, Président du Conseil de Surveillance du Paris Levallois et actionnaire historique du groupe Panames, de mettre fin aux démarches entreprises par l’actionnariat parisien du club en vue de réunir le budget nécessaire afin de présenter à la Ville de Paris un projet de club de Pro A parisien, Jean-Pierre Aubry, Président du Paris Levallois, a accepté de répondre aux nombreuses questions qui lui ont été adressées par la presse, les supporters et partenaires du club, tant sur ce qui s’est passé, ses motivations personnelles que sur l’avenir du basket à Levallois.

Mr Aubry, y aura t’il du basket au PL la saison prochaine ?

JPA: Oui, plus que jamais !

Nous fêterons même le 10ème anniversaire du club l’année prochaine (ndlr le Paris Levallois est né en juin 2007 de la fusion entre le Levallois Sporting Club Basket et le Paris Basket Racing).

Il doit exister, et mérite d’exister !

Le PL repartira donc en 2016/17 sans la Mairie de Paris. Mais sous quel nom et dans quelles conditions ?

JPA: J’ai appris tout comme vous mardi dernier qu’aucune solution n’avait été trouvée par nos actionnaires parisiens pour compenser le désengagement de la Ville de Paris vis-à-vis du Paris Levallois.

Le club gardera son nom (Paris Levallois).

Nous perdons certes la subvention de la Ville de Paris (800 000 euros + 200 000 euros de billetterie), mais le PL repartira en Pro A la saison prochaine, comme toujours avec l’aide de la Commune de Levallois : 1,3 millions d’euros pour le secteur pro, 250 000 pour le Centre de Formation, qui vient de remporter le titre du Trophée du Futur 2016, et 250 000 pour les équipes amateur (ndlr le club compte 950 licenciés) et un partenariat privé à hauteur de 2 millions d’euros.

Voilà les grandes lignes de notre budget pour la saison prochaine.

Avec quelle équipe le PL s’engagera t’il en Pro A la saison prochaine ?

JPA: Une nouvelle équipe sera bâtie avec les forces vives existantes, et bon nombre de jeunes que nous avons formés au sein du club : Ada Sané, Vincent Poirier, Louis Labeyrie, Giovan Oniangue, Maxime Roos, Etienne Ory, Cyrille Eliezer Vanerot, Jason Rich… les coachs Fred Fauthoux, Sacha Giffa, Emmanuel Pinda, le manager sportif Fred Girou etc. ainsi que tout le staff médical autour du Dr Régis Boxele.

Nous déposerons comme prévu notre dossier le 15 juin auprès de la Ligue Nationale de Basket avec certes des moyens limités, un gros partenaire en moins (ndlr la Ville de Paris), mais des moyens tout de même, et une solide envie de nous battre pour le basket en Région Ile-de-France !

Vous n’avez jusqu’à aujourd’hui pas réagi au tremblement de terre provoqué par l’annonce de la Ville de Paris de ne pas renouveler sa subvention au PL. Pourquoi ?

JPA: Je ne peux que regretter la décision prise le 17 mai par la Mairie de Paris. Elle nous a, nous tous, passionnés de basket, parisiens et levalloisiens, pris par surprise et provoqué un raz-de-marée dans le milieu du basket parisien.

La Ville de Paris est souveraine dans ses délibérations du Conseil Municipal. Je ne commenterai donc pas plus aujourd’hui cette décision que je ne l’ai fait précédemment.

En effet, à aucun moment, ni la Ville de Levallois, en la personne de son Député-Maire, ni moi-même, n’avons souhaité réagir, afin de ne pas alimenter de polémique purement politicienne et afin de préserver l’intérêt du sport avant tout, et du basket, dans le cadre de la Métropole du Grand Paris.

Quid de la Gouvernance mise en place il y a un an à la demande de la Mairie de Paris afin de rééquilibrer les forces entre l’actionnariat levalloisien (majoritaire) et parisien (minoritaire) ?

JPA: Malgré le retrait de la Mairie de Paris, j’ai souhaité, dans un esprit d’ouverture et de conciliation, garder la même gouvernance que pour la saison 2015/16, qui est celle souhaitée par le Mairie de Paris, autrement dit un Conseil de Surveillance, à large majorité issue de l’actionnariat parisien, et un Directoire, que je préside, et cela avec l’accord de l’actionnariat levalloisien.

Nous avons par ailleurs accédé à toutes les demandes de la Mairie de Paris : celle de mettre en place une nouvelle gouvernance, celle de disputer nos rencontres dans 3 salles différentes, même si cela a représenté un handicap certain pour l’équipe qui s’est ainsi trouvée dépourvue d’une salle résidente, celle de recruter sur le banc une figure plus consensuelle et plus ‘parisienne’ en la personne de Antoine Rigaudeau (ndlr Antoine Rigaudeau est l’un des actionnaires parisiens du groupe Panames) et aussi celle de mettre en place au bénéfice du tissu sportif parisien un dispositif d’animations dynamique répondant à la demande d’ancrage du basket à Paris etc. Je vous invite d’ailleurs à relire le projet de délibération exposé des motifs par Mme la Maire de Paris du mois de juillet 2015 qui est très élogieux à l’égard du club et qui expose clairement que le Paris Levallois a été au-delà des attentes de la Ville de Paris en termes d’obligations conventionnelles.

Vous mentionnez les nombreuses concessions qui ont été faites librement par l’actionnariat levalloisien, pourtant majoritaire au sein de la SASP, afin de permettre au Paris Levallois d’exister. Etait-ce toujours le cas depuis le 17 mai ?

JPA: Aussi surprenant que cela puisse paraître, oui, plus que jamais. Je tiens d’ailleurs à remercier les actionnaires levalloisiens pour leur fair-play et leur sens de l’altruisme depuis l’annonce du 17 mai. Ils ont en effet su faire preuve de beaucoup de discernement et de bonne volonté en se déclarant prêt à s’effacer au profit de l’actionnariat (minoritaire) parisien (par la voix des dirigeants du groupe Panames) si cela avait permis de trouver un compromis permettant à la Ville de Paris, si elle l’avait souhaité, de sauver le basket à Paris.

Ils n’étaient nullement obligés de le faire.

Je n’étais nullement obligé de le faire.

La Ville de Levallois n’était nullement obligée de le faire.

Afin d’accéder une fois encore aux exigences de la Mairie de Paris (le Conseil de Paris a voté en date du 17 mai sur proposition du groupe radical de gauche et indépendants, la fin d’un financement annuel. L’ Adjoint aux sports de la Maire de Paris a conditionné le renouvellement de la subvention de la Ville de Paris à la présence à la tête du club de Jean-Pierre Aubry, ex-directeur de cabinet du Député-Maire (Les Républicains) de Levallois-Perret… – source AFP), nous nous sommes même déclarés prêts à céder à la Ville de Paris les droits sportifs du club, de disputer toutes nos rencontres à Paris et j’avais même proposé ma démission au Conseil de Surveillance, si cela avait permis aux actionnaires parisiens de convaincre la Mairie de Paris de conserver un club de basket à Paris !

A noter que les actionnaires de Panames et les membres du Conseil de Surveillance n’ont toutefois pas accepté ma démission. Ils m’ont même renouvelé leur confiance à l’unanimité. Et la Ville de Paris n’a quant à elle pas souhaité revenir sur sa décision de se retirer du basket parisien, avec ou sans Levallois.

Pourquoi avoir accepté tant de sacrifices pour le basket parisien ? Cela peut paraître surprenant. Que représente le basket pour vous, à titre personnel ?

JPA: Mon histoire personnelle est intimement liée à celle du basket francilien, et même alto séquanais. On me reproche d’être un homme politique mais on oublie que je suis avant tout un passionné de basket et c’est à ce titre, et uniquement à ce titre, que j’ai repris la Présidence du Paris Levallois en 2013.

En effet j’ai grandi dans le basket et ce sport représente une seconde famille pour moi, bien loin de mes intérêts politiques ou professionnels.

J’ai débuté ma carrière de basketteur à Asnières. A l’été 1983, alors que je n’avais que 21 ans, le club de Asnières Sports, celui de mon enfance, a déposé le bilan et décidé d’arrêter le basket professionnel. Nous avons eu la chance d’être accueillis ‘avec armes et bagages’ par la commune de Levallois, une ville qui a toujours œuvré en faveur du sport !

J’ai repris le club en tant qu’entraineur, puis comme directeur sportif, puis en tant que Directeur Général du club. Toujours par amour du sport, j’ai repris mes études et obtenu mon DESS en Droits et Economie du Sport.

Pendant toutes ces années, je n’ai jamais abandonné ma passion du basket qui a toujours guidé ma vie. Et je n’ai jamais abandonné mon rêve de voir Paris, au même titre que d’autres capitales européennes, se doter d’une grande équipe de basket… avec ou sans Levallois, avec ou sans moi !

Alors quelles relations avec la Ville de Paris à l’avenir ?

JPA: J’ai toujours souligné, que ce soit dans mes communiqués officiels ou dans mes interviews à la presse, que l’avenir de ce club était à Paris.

J’ai toujours agi pour le bien du  basket parisien, et uniquement pour son bien, sans jamais tenir compte de mes intérêts personnels, de mes prérogatives au sein de la direction du club, et encore moins de mes convictions politiques.

Nous avons d’ailleurs bénéficié au sein du Paris Levallois de nombreux soutiens d’élus de tous bords, puisqu’il n’a jamais été question au club de politique, mais uniquement de sport ! et de bâtir une grande équipe à Paris avec toutes les forces vives en présence en Région parisienne, quelles que soient leurs couleurs politiques qui importent peu !

L’esprit sportif de Coubertin est le seul qui doit régner sur une discipline olympique !

Je regrette d’autant plus que malgré mes nombreuses demandes par courrier, par email ou par téléphone, je n’ai jamais pu rencontrer en tête-à-tête l’Adjoint à la Maire de Paris chargé des Sports afin de débattre ensemble de l’avenir du basket parisien dans un esprit d’apaisement.

Je rappelle que le club, fort de ses 950 licenciés, est le premier Club de France en nombre de licenciés, parmi lesquels de nombreux jeunes parisiens ; que la subvention de 500 000 euros qui a été votée au bénéfice de notre centre de formation et du secteur amateur du Paris Levallois Association, ne l’a été que du fait du Conseil Municipal de la Ville de Levallois ; que nous intervenons par ailleurs dans de nombreux arrondissements parisiens pour promouvoir le basket auprès des écoles et des clubs parisiens.

Alors certes la décision de la Ville de Paris de nous couper les vivres est dommageable pour le basket à Paris. Mais le basket continuera à vivre à Paris !

La saison prochaine, nous continuerons à intervenir dans deux ou trois arrondissements supplémentaires de la Ville de Paris.

La polémique est avant tout d’ordre politique et nullement de nature sportive, éthique ou humaine.

Pour preuve, la Ville de Paris n’a pas éprouvé de cas de conscience ni, je cite, d’ « incompatibilité avec l’exigence éthique défendue par la Ville de Paris » en utilisant, dans le cadre de sa candidature pour les JO de 2024, l’image des nombreux athlètes, toutes disciplines confondues, levalloisiens (ndlr au moins 4 judokas et 4 escrimeurs formés et rémunérés par le Club Omnisports de la Ville de Levallois, le Levallois Sporting Club, ont été sélectionnés pour les JO de Rio).

Et c’est très bien ainsi, puisque le Paris Levallois, tout comme la Commune de Levallois, sont fiers de pouvoir soutenir et promouvoir la candidature de Paris avec les athlètes levalloisiens.

Quelles perspectives pour l’avenir du club ?

JPA: Depuis 1983, le club a mis plusieurs fois un genou à terre. Mais grâce au soutien indéfectible du Député-Maire, de l’équipe Municipale et de ses partenaires, il a toujours relevé la tête. Et ce sera encore le cas en 2016/17 !

Je tenais d’ailleurs à remercier :

– Mr Jean Vuillermoz, Adjoint au Maire de Paris Chargé des Sports de la Ville de Paris jusqu’en 2014, qui, indépendamment des couleurs politiques qu’il a défendues, nous a toujours soutenu ;

– Mr Jean-François Bonnet, représentant historique du Paris Basket Racing au sein de la SASP, pour son dévouement inégalé et son altruisme;

– Le personnel de la Mairie de Paris, le Service des Sports du Stade Pierre de Coubertin et de la Halle Carpentier pour leur professionnalisme ;

– Les nombreux partenaires qui nous ont fait confiance et nous renouvellent encore leur confiance, au-delà des contingences politiciennes ;

– Le Président de la LNB, Monsieur Alain Béral et le Président de la FFBB, Jean-Pierre Siutat, qui ont toujours su œuvrer avant tout dans l’intérêt du basket ;

– Les nombreux bénévoles qui, malgré la tourmente, ne nous ont jamais fait faux bond et ont fait preuve d’une implication sans faille ;

– Les supporters pour leur soutien inconditionnel, dans les bons et les moins bons moments ;

– Et tous les acteurs et passionnés de ballon orange qui défendent le basket dans la Métropole Grand Paris, pour l’amour du sport !

Ce n’est pas encore demain que le basket disparaîtra à Paris !

Même si la Mairie de Paris abandonne le basket, le basket, lui, n’abandonnera pas Paris !

GoPL !

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